Comment est née l'association A.L.S.A.C.E
?
A.L.S.A.C.E. « Junge fers Elsassische », qui signifie « Jeunes
pour l'alsacien », est née d'un groupe informel de jeunes, issus
d'un même foyer d'étudiants de Strasbourg. L'association s'adresse
à tout le monde, et bien entendu aux jeunes. Tous les membres ne sont pas
dialectophones et deux ou trois d'entre nous ne sont pas originaires d'Alsace.
Certains nous ont rejoints par curiosité, ou par désir d'en apprendre
plus sur une langue parfois plus du tout pratiquée par leur famille. Notre
but est d'assurer la promotion et le renouveau de la langue alsacienne et donc
mettre en contact les jeunes intéressés par cet objectif.
A.L.S.A.C.E est un sigle. Que signifie-t-il ?
«Association libre pour la sauvegarde de l'alsacien, de sa culture et
de son enseignement ». D'accord, c'est un peu ambitieux ! Le titre
« Junge fers Elsassische est peut-être plus synthétique ?
Quelles sont les activités de l'association ?
Elles se mettent en place : Stàmmtisch (réunions/débats),
soirées littéraires, sorties culturelles? Des personnalités
comme Christian Hahn (animateur de France 3 Alsace) ou Huguette Dreikaus (cabarettiste
et écrivain) ont déjà animé des Stàmmtisch.
Une soirée dialectale avec Marcel Spegt, président de la Fédération
des théâtres alsaciens, est prévue. Un cycle mensuel de
Stàmmtisch débutera le mois prochain à Strasbourg. Premier
sujet : « Internet et l'Alsacien ».
La renaissance de la langue alsacienne est-elle un objectif suffisamment
mobilisateur pour les jeunes ?
C'est un challenge ! Le fait qu'une trentaine de jeunes aient rejoint l'association
montre que le sujet est encore mobilisateur, même s'il en laisse beaucoup
indifférents. L'objectif de l'association n'est pas vraiment de promouvoir
une vision passéiste ou trop folklorique de la culture alsacienne, mais
au contraire de favoriser sa modernisation.
N'est-ce pas un combat d'arrière-garde ?
Non ! Ce serait une perte de temps de s'investir dans un combat perdu d'avance.
Et si la promotion de l'alsacien était un combat d'avant-garde ? Avec
la construction européenne, l'arrière-garde, ce pourrait bien
être le monolinguisme ?
L'alsacien n'est-il pas condamné à disparaître
peu à peu, comme tant d'autres langues régionales de par le monde
?
Il n'y a pas de fatalité : 900 000 personnes parlent encore alsacien.
Il suffirait d'une prise de conscience généralisée de tous
les locuteurs pour que l'alsacien reparte instantanément de l'avant.
Avez-vous des arrière-pensées de
type « autonomisme alsacien » ?
Absolument pas ! Les statuts de l'association excluent d'ailleurs toute activité
politique.
Propos recueillis par Damien Valette
© Journal l'Alsace - 30 mars 2001
http://www.alsapresse.com