Alsace-Junge fers Elsassische

L'alsacien façon techno


Réussir une soirée étudiante… alsacienne : tel a été le pari de l’association de jeunes AJFE, pour contribuer à moderniser l’image de la langue régionale.

Si les soirées étudiantes russes ou italiennes sont monnaies courantes à Strasbourg, c’est loin d’être le cas des soirées alsaciennes : un concept inconnu sur le campus… Celle de l’association de jeunes pour l’alsacien AJFE (Alsace-Junge fers Elsassische) a pourtant rassemblé une centaine de personnes au bar « Le Chariot » à Strasbourg, dans la Krutenau, le jeudi 25 avril. La manifestation s’intégrait dans les journées « E Friehjohr fer unseri Sproch » pour la promotion de l’alsacien.
« Notre initiative est une première, explique Jean-François Wollbrett, président de l’AJFE, une soirée étudiante classique, où on puisse s’amuser, boire un verre et danser, mais avec de la musique en alsacien et une ambiance alsacienne… sans pour autant tomber dans des clichés ! ». Pari gagné pour cette soirée qui a surtout rassemblé des étudiants, dont la plupart découvrait la culture alsacienne. « C’est assez sympa, il y a une bonne ambiance », explique un habitué du bar, qui n’est pas du tout dialectophone.
« Il n’y a pas énormément de musique alsacienne qui puisse passer dans une soirée étudiante qui bouge, on a fait une compilation de morceaux très différents… » confie Arnaud Serafyn, disc-jockey de la soirée. A la version classique du « Hàns em Schnokeloch » succède une version techno puis une version rasta : la preuve que la culture alsacienne peut aussi s’épanouir différemment qu’avec la traditionnelle « Blosmüsik ».
Au bar « Le Chariot », l’ambiance alsacienne est de mise avec une décoration de circonstance, aux couleurs blanc, or et rouge de l’Alsace. Une banderole de ballons « herzlich willkùme » souhaite la bienvenue… Pour la restauration, knacks et bretzels sont au menu.
« Wer het die Nùmmer 89, qui a le numéro 89 ? », s’époumone l’animateur Yannick Vonau, au micro. Des tee-shirts offerts par Météor sont à gagner par tirage au sort, à charge pour le gagnant de lire en alsacien et d’essayer de traduire le proverbe qui figure sur son billet…
L’alsacien a d’ailleurs été mis en valeur pendant une semaine dans les restaurants universitaires : une information sur le Friehjohr a été imprimée sur chaque serviette distribuée avec les plateaux repas. Cette forme originale de publicité a été réalisée par l’OLCA (Office de la Langue et de la Culture d’Alsace) avec le soutien du CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires).
L’association AJFE a aussi traduit et affiché en alsacien les menus apposés dans les restaurants universitaires. Une façon de sensibiliser à l’alsacien un public étudiant souvent originaire d’autres régions ou ne connaissant plus la langue régionale : l’alsacien peut se lire et s’écrire ; surtout, on peut passer une soirée sympathique avec de la musique en alsacien…


© L'ami hebdo - Mars 2004
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