La fabrique du dialecte

 

Wissembourg / Winterspiel

Winterspiel, plus que jamais, porte bien son nom cette année !
Hier, pour accéder au chapiteau planté dans la neige comme une yourte sibérienne il fallait affronter la colline enneigée du boulevard de l'Europe et la glace pour accéder à l'école voisine.
Du coup, la jauge s'en est ressentie : si le grand spectacle a fait quasiment le plein, ce ne fut pas le cas de la "Sprochstub" des petits. Véritable atelier linguistique, la proposition avait pourtant de quoi séduire.
Pendant que « les grands » assistaient au tourbillon dansant des deux groupes folkloriques sous le chapiteau, les enfants étaient invités à se retrouver dans une salle de l'école voisine pour un ludique atelier linguistique, la "Sprochstub", organisé par l'association "Junge fer's Elsassische".

Énergie et détermination

Voilà un groupe d'étudiants recrutés dans toute l'Alsace qui consacre beaucoup d'énergie et de détermination à la sauvegarde du dialecte. Hier, plusieurs de ses représentants étaient présents à Wissembourg, ne serait ce que pour organiser les différents jeux dialectophones à destination des enfants. « Nous recrutons des étudiants du nord au sud de l'Alsace, sitôt qu'ils arrivent en fac à Strasbourg, racontent le jeune président Adrien Fernique et son trésorier Julien Riehl. Nous offrons aux jeunes adultes l'occasion de parler et cultiver leur langue régionale hors de la maison familiale ».

Ils comptent sur la diversité des parlers respectifs de leurs membres pour enrichir la culture de leur association en organisant tous les mois un Stammtisch alsacien au "Stift" à Strasbourg. Et de plus en plus, ils participent à des festivals régionaux comme Summerlied ou le Rheinfest.
Hier, après avoir fait jouer la dizaine d'enfants à des jeux de société en leur donnant le vocabulaire dialectal, l'association a cédé la place à Isabelle Grussenmeyer qui, sous le regard des parents, a animé des chants et comptines à destination des tout petits. Un public sensibilisé au double language puisque la plupart de ces parents sont de culture bilingue ou tentent de l'être.

Enseignante elle-même, la jeune chanteuse a trouvé l'art et la manière de s'adresser avec ce qu'il faut de patience à ce public si spécifique dont la concentration s'émousse au bout de quelques minutes - ce public qu'il ne faut cesser de stimuler dans le double vocabulaire en passant d'une langue à l'autre et retour. Isabelle Grussenmeyer le fait avec beaucoup de naturel, sans que les enfants se rendent vraiment compte de ces passerelles linguistiques qu'ils franchissent toutes les quelques secondes...
Ma. N.

© Dernières Nouvelles d'Alsace - N°L5 - Lundi 01 Février 2010 / Haguenau Wissembourg
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