Création en alsacien pendant toute une nuit


Une trentaine de personnes s’est réunie dernièrement à Strasbourg pour créer des sketches, des textes ou séances vidéos en alsacien. La soirée a duré jusqu’à cinq heures du matin.
Chez les boulanger. « Guete-n’owe bisamme ! ich hätt gern e melichwecke. » une scène qui peut se dérouler à n’importe quel moment dans n’importe quelle boulangerie de Strasbourg. Différence : la cliente s’appelle Audrey. Elle a 20 ans et n’apprend l’alsacien que depuis peu de temps. Et ne demande pas son petit pain au lait dans une vraie boulangerie mais devant une table dressé dans la salle Saint-louis au Finkwiller à Strasbourg.
Ce soir, c’est « die Kùnstnàcht », la nuit de l’art, ou « la Nuit de la création alsacienne » comme l’a nommée l’association « Alsace – Junge fers Elsassische », qui travaille en faveur de la sauvegarde de l’alsacien, de sa culture et de son enseignement ».

« Notre langue maternelle »

Une vingtaine de jeunes se sont retrouvés autour de deux grandes tables. Parmis eux Michel, 23 ans : « Le projet de mon groupe sera de traduire une partie de la BD « Les Bidochons » en alsacien », explique-t-il. C’est ça, la « Kùnstnacht » : créer quelque chose en utilisant la langue alsacienne. Ecrire ou traduire un poème, rédiger un court essai, tourner une courte séquence vidéo.
Ginette et Norbert Glady on voyagé 30 kilomètres pour être à la salle Saint-Louis ce soir. « L’alsacien est notre langue maternelle », explique Ginette, 50 ans. « mon mari écrit parfois lui-même des poèmes », ajout-t-elle. « Moi, j’enseigne la compréhension de l’alsacien aux jeunes », témoigne Isabelle, 20 ans. Pour la « Kùnstnacht », elle a écrit une chanson qu’elle entonne pour ouvrir la première séance de représentations.
Plusieurs autres ont suivi : jusqu’à cinq heures du matin, les jeunes et vieux amateurs de la langue de notre région sont restés réunis. Et c’est pour finir le sketch « chezlme boulanger », qu’Audrey a dit, vers neuf heures du soir : « Also, vielmals merci, ich wiensch ejch noch e schoner owe, bismorge, au revoir ! »


Kay Wagner
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 28 avril 2002
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