«Kùmm züe ùns, màch mit uns !»

Quelle est est la capitale du Sundgau ?


Chaude ambiance ce mercredi 16 mars au Chariot… L’équipe de Alsace-Junge fers Elsassische peut être fière ; le message est passé….en alsacien bien-sûr.
Dans une ambiance des plus conviviales, les dialectophiles et les non-initiés ont pu trinquer ensemble à l’occasion du Friehjohr fer unseri Sproch («un printemps pour notre langue» - que ceux qui n’avaient pas compris l’expression soient pardonnés...).
Car l’ AJFE donne à tout le monde sa chance, et il est vrai que le public s’est beaucoup amusé, ce mercredi soir, à approfondir sa culture alsacienne ; des T-shirts et tire-bouchons (ah, la culture alsacienne..) étaient même distribués aux plus zélés.

L’AJFE se définit comme une association de jeunes pour l'alsacien, et en ce sens, elle entend redonner un nouveau souffle à un dialecte aujourd’hui malheureusement trop souvent considéré comme vieilli et dépassé.
Elle mène aujourd’hui un courageux combat pour le patrimoine linguistique de l’Alsace ; il est considéré par l’association comme « un atout économique vital au coeur de l'Europe et du Rhin Supérieur, et une alternative à un repli sur soi monolingue ».
Ce combat linguistique part d’une constatation simple : « la pratique de l'alsacien s'effrite au fil des ans, (même si) le nombre de ses locuteurs reste encore élevé - près de 60 % de la population alsacienne ». Dans ce cadre, l’association entend bien redorer le blason de ce dialecte, que trop de gens pensent condamné à dépérir : « ce fatalisme disparaîtra lorsque les Alsaciens se décideront enfin à assumer leur langue et leur culture ». Aujourd’hui vieille de 6 ans, l’AFJE dispense elle-même des cours d’alsacien.

Julien Riehl, étudiant en 4ème année à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg et vice-président de l’AJFE , explique que son association ne mégote pas sur les moyens de transmettre aux nouvelles générations son amour de l’Alsace. En effet, très active, l’association met un point d’honneur à organiser des stands – notamment dans les restaurants universitaires- , à donner des cours d’alsacien, à organiser des sorties à thème (on ne s’écarte jamais bien loin de du thème de l’Alsace !)…
De même, la joyeuse équipe de l’AFJE compte beaucoup sur les médias régionaux afin de transmettre son message ; Rund Um – l’équipe télévisée de France 3 Alsace, par ailleurs présente ce mercredi 16 mars, joue en ce sens un rôle majeur.

Cours d’alsacien à l’OLCA (Office de la Langue et de la Culture d’Alsace), sorties culturelles, soirées thématiques, et des stàmmtisch tous les 1ers lundis du mois à 19h (à la brasserie l’Etoile, 14 rue Ernest Munch à Strasbourg) : pas d’excuse pour ne pas se cultiver sur cette merveilleuse région qu’est l’Alsace.

Des initiatives à saluer, et un combat à continuer : les jeunes de l’AFJE font preuve d’un dynamisme sans faille.
Il est vrai que l’ « inculture alsacienne » frappe très fort, comme j’ai pu moi-même le constater ce mercredi - Altkirch capitale du Sundgau, quand j’y pense c’était simple... je n’ai pas mérité mon tire-bouchon…

Parce que l’inculture n’est pas une fatalité: www.ajfe.fr


Aude Favre - 1er avril 2005
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